lundi 23 février 2015

Art et cinéma


L'article d'hier me fout en rogne. J'ai l'impression de m'être laissé forcé la main (Ah, Marianne!) et que je risque d'être bien mal compris. En bref, il est grand temps de préciser ma pensée sur les rapports qu’entretient le cinéma avec les arts.

Rien de plus amusant, par exemple, de découvrir au détour de Dirty Harry, film qui ne fait pas dans la dentelle, une citation du délicat Everett Millais. C'est piquant et ça ne ruine pas le film car tout le film n'est pas ainsi. Don Siegel sait maitriser son surmoi artistique, tenir la peinture à sa place et user avant tout des moyens propres au cinéma (et, ce n'est pas un scoop, il est loin d'être manche sous cet angle là). Bref, Siegel connait la peinture et sait l'oublier quand il s'agit de faire son job contrairement à l'insupportable et finalement plus naïf Peter Greenaway (une de mes têtes de turc parmi d'autres).

A ce point du raisonnement on pourrait se dire que finalement, pour éviter le péril mortel de la peinture filmée, les réalisateurs n'ont qu'à tenir à distances les arts, n'y jamais aller voir. Non plus. On est dans une période d'amnésie et il faut justement ouvrir les fenêtres et donner plus d'ampleur à notre imaginaire et à notre ambition pour sortir des robots qui se transforment et autres conneries. Le détour par les arts et la littérature sert à ça : inspirer, élever. Mais, bien sûr, ne pas appliquer servilement.

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