mercredi 11 février 2015

Un réalisateur doit-il posséder sa caméra ? (2)


Bon, ça y est, c'est posé, le cinéaste amateur possède sa caméra et deux ou trois autres bricoles dont je vous parlerai bientôt. Mais le pro, lui, il la loue ? Il va pas l'acheter, l'Alexa qui coûte un bras ou la Sony F65 qui en coûte deux ? Non, bien sûr, précieux les bras. Mais précieux également d'être en capacité de filmer à tout moment de sa carrière.

Disons le tout net : c'est pas une sinécure d'être réalisateur. Non seulement il faut comme n'importe quel peintre, n'importe quel écrivain, s'attacher à posséder son art, mais il faut encore devenir expert en danse du ventre, en séduction des producteurs, bref, être capable de lever des fonds. Et ce dernier talent est moins durable que le premier.

Un film qui ne trouve pas son public, un film au titre mal choisi, mal lancé, qui souffre d'une concurrence fatale les semaines de son exploitation en salles (The Thing qui, manque de bol, sort en même temps que ET), un film qui se ramasse et on devient beaucoup moins sexy pour le grand capital. C'est cruel si on songe que la première partie, c'est à dire l'art, le talent, est toujours là et ne demanderait pas mieux qu'à s'employer.

Comme il est triste de découvrir dans la bio de Fritz Lang ces périodes de vide où celui-ci est grillé et ne peut faire qu'attendre et prier pour qu'on lui propose un projet fut-il d'une insondable sottise. Alors « oui » un cinéaste, même pro, doit posséder sa caméra ou au moins éviter de vendre celle de sa jeunesse et la garder dans un placard. Cela pourra toujours servir. A tout le moins il doit posséder quelque chose. Une salle de cinoche et ses entrées à la télé comme Mocky, une communauté de fans sur internet mobilisable, une grande maison avec un hangar à pommes transformable en studio, une camionnette et des pieds de 1000,... Enfin, le début du commencement de la solution à son problème de production.

Réalisateurs : fauchez des gélatines sur les plateaux et conservez-les précieusement !

Continuons à jouer : de quel film sublime est tirée l'image qui orne cet extrait ? Son choix-est-il pertinent ?

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