jeudi 2 avril 2015

Le déclin du décor


J'ai parlé de la pingrerie légendaire des producteurs et du mal qu'ils ont fait au cinéma en liquidant les décors. Un autre élément explique aussi le déclin des studios : la couleur ! Un film en noir est blanc, pour ne pas être chiant, ça demande un bon chef opérateur, un artiste même, un Wong Howe ou un John Alton, un gars qui connait son Rembrandt sur le bout des doigts.

Comprendre surtout qu'un film en noir et blanc ça ne pose pas de grands problèmes pour intégrer des tas de décors construits plus ou moins à l'arrache. Mais quand arrive la couleur tout change. La couleur renseigne. La couleur informe bien plus que le noir et blanc sur l'état des matériaux. La couleur est impitoyable. Le coup de pinceau à peine sec, le décor qui vient juste de sortir des mains du menuisier à la bourre... ça se voit. Ça se voit et ça semble pénible si on s'est laissé contaminer par le vice du réalisme. Les producteurs seuls n'ont pas eu la peau des décors, le public était complice... maintenant il souffre (il n'a que ce qu'il mérite).

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