jeudi 2 avril 2015

Nécessité du décor


Bon, je me suis un peu laissé emporter hier dans ma charge contre la saloperie cinématographique actuelle et du coup j'ai omis d'en expliquer les raisons. C'est bien dommage car votre cher docteur a évidemment des lumières particulièrement intenses sur la question. Je parlais donc de têtes parlant à des têtes. La raison de cette uniformité sur l'écran... c'est que tout simplement tout le monde tourne de la même façon. CQFD !

Il y eut un temps où on jouait du marteau à tire-larigot et où faire un film c'était produire à la chaine des décors. L'héroïne recevait un paquet, on construisait le vestibule de son appartement ; le facteur lui faisait signer un reçu, on construisait le palier ; le facteur repartait, on se cognait l'escalier ; etc... Dans ce temps béni les forêts ne demandaient qu'à être rasées de la surface de la terre et les menuisiers ne connaissaient pas les trente cinq heures. Dans ce temps béni on savait qu'une caméra a besoin de beaucoup beaucoup (non encore plus que ça) de recul si on veut filmer une scène autrement que sous forme d'un gros plan visage, bref, on savait que les décors sont nécessaires et on ne mégotait pas à la dépense.

Depuis nos rusés producteurs ont trouvé mieux : filer un bifton au propriétaire d'un café, d'un restau ou de la supérette où est censée se dérouler la scène et transporter tout son petit monde de techniciens et de comédiens dans ce « décor » déjà meublé, déjà accessoirisé. Voilà pourquoi des camions noirs ou blancs, dégorgeant de matériel, nous pourrissent la vie dans les rues de Paris. Voilà pourquoi tous les films sont sinistrement les mêmes : ils sont justes fait par de pauvres bougres qui ont accepté de se laisser lier les mains. Les cons !

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