samedi 23 mai 2015

L'Africain : les bonnes idées de Claude Berri


Bon, nos deux cuisiniers ont donc décidé d'employer strictement les mêmes ingrédients. On prend des cobayes, on leur bande les yeux, on les fait déguster… les uns s'étranglent, les autres avalent toute leur assiette goulument et en redemande. Le labo nous donne une explication : d'un côté, un plat délicieusement relevé, un bijou, une perle, un chef d'oeuvre ; de l'autre, un sucrerie dégoulinante qui nous force à nous pincer pour ne pas éclater de rire dans les scènes qui se voudraient poignantes.

Pourquoi ? Pourquoi le fiasco de L'Africain alors que Broca n'est pas tout à fait un nul ? Peut-être parce que le sujet ne lui convient pas. Lui, c'est un homme qui fait des desserts, des comédies romantiques. Lui coller entre les pattes un truc qui réclame du sang et de la douleur (non, l'Afrique, le trafic d'ivoire et les mercenaires ne peuvent pas être pure partie de rigolade), c'est l'employer à contre emploi. Résultat, en guise de sang et de douleur... on a Tintin et des ruses de boy scout. C'est mince.

La conquête de l'Ouest, c'est comme l'Afrique. C'est aussi du sang et de la douleur. Sauf que les indiens de La rivières de nos amours ils torturent, ils pendent les traitres par les pieds, ils crament les visages pâles qui font trop les malins et Kirk Douglas… euh… vous trouvez vraiment qu'il a une tête de boy-scout ?

Première explication : se connaitre et connaitre ses sujets. Nul réalisateur n'est tout à fait tout terrain. Refuser d'aller sur un terrain qui n'est pas le sien (et se méfier des producteurs qui ont des bonnes idées !).

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