lundi 15 juin 2015

Les installations merdiques (3) : le travelling de la mort !


Tu sais ce qui me frappe, Corvo, en regardant toutes ces photos d'installations merdiques ? C'est à quel point elles appartiennent à deux ou trois grandes familles.

Ah, même toi t'as remarqué ça ? Tu as vu le gus juché sur sa tondeuse ?

Ah, oui : la famille des amateurs de travelling ! Ça c'est une grande grande famille. Incroyable le nombre de ceux qui veulent mettre en branle leur caméra ! Je me demande bien pourquoi.

Pour faire cinoche. Pour être vu. Pour qu'il n'y ait pas de méprise sur la qualité artistique du cher bébé, ne pas être confondu avec un film d'amateur.

Ben, c'est vrai que le cinéma pro n'est pas avare de travellings.

Apparences. Surface des choses. Elle est copieuse la liste de chef-d'œuvres où la caméra reste stoïquement plantée sur son pied. Les comédiens peuvent bouger également à l'intérieur du cadre. Tu as le droit de découper si tu veux changer de cadre, rien ne t'oblige à glisser d'un cadre à l'autre.

Je te suis sur ce point, dr, mais reconnais que la liste des chef d'œuvres où la caméra s'autorise des travellings n'est pas moins grande.

Sûr.... mais, eux, ils ont autre chose qu'une tondeuse pour arriver à leurs fins. Juste proportionner son film à ces moyens. Pendant que tu bricoles un travelling avec un tondeuse qui partira dans le décor ou un caddy qui tressaute et qui te fera des images inutilisables tu as le temps de faire quatre plans qui seront propres et, si ton découpage est pensé, qui seront pertinents. 


Être un peu plus croyant dans le pouvoir de la caméra et un peu moins dans celui des roulettes de skate.

Right !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire