lundi 6 juillet 2015

Jacques Lourcelles (4) : pour une poignée de fausse monnaie



Lourcelles est lumineux ; il a aussi la dent dure. Ces critiques du Rayon vert et d'A bout de souffle sont légendaires et ont quasiment poussé au suicide leurs pauvres auteurs. Leone, lui, a soudainement pris dix ans d'un coup quand il a eu connaissance des lignes qu'avait inspiré Pour une poignée de dollars à l'éternel mac-mahonnien :

« Durant les trente dernières années [1960 – 1990], deux cinéastes ont eu [ ] une influence catastrophique sur l'évolution du cinéma : Jean-Luc Godard et Sergio Leone. le premier en flattant l'ego de certains cinéastes en herbe et leur vocation au bâclage ; le second en abaissant – ce qui est peut-être encore plus grave – le niveau moyen du spectacle cinématographique populaire. En trois films [ ] Leone a dévitalisé un genre fondamental du cinéma dont il a accentué complaisamment l'un des éléments (la violence) tout en recourant à des intrigues de plus en plus débiles. 

Dans la trajectoire fatale qui a mené la plupart des salles de quartier à passer des films hollywoodiens de genre aux westerns italiens puis aux films pornographiques avant de fermer leur porte pour se transformer en supermarchés ou en toute autre forme de commerce, le moment décisif, le point de non-retour a été atteint durant l'invasion des western-spaghetti. Il serait injuste d'attribuer au seul Leone et à ses pairs la responsabilité de cette évolution, mais ils y ont largement contribué et l'ont accélérée. »

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