dimanche 13 décembre 2015

Les leçons du Viandeur : le storyboard



Bon, faut rallonger la liste. C'est clair qu'on aurait pas pu tourner plus de quarante minutes de fiction pour deux francs six sous si on avait pas eu une super petite caméra et des petites astuces pour exploiter au mieux les journées de tournage (comme celle-ci ou celle là)... mais on aurait surtout pas pu abattre un tel boulot si on s'était passé d'un storyboard.

Quoi ? ! Le storyboard  ?! Le dr Corvo, cet être au goût exquis, prend la défense de l'outil fétiche des productions les plus nases, des films pyrotechniques qui nous font périr d'ennui ?!

Ben, oui. C'est pas parce que les mauvais films y recourent systématiquement que les bons devraient se l'interdire. Les mauvais films se font avec des caméras et de la lumière. C'est pas parce que vous avez de l'ambition que vous allez filmer avec vos mains et dans le noir. Bref, pas de détestation systématique mais plutôt soupesez finement à quoi sert chaque outil... et un storyboard ça sert à préparer le découpage.  

« Préparer ». Le mot magique. Celui sur lequel, moins vous avez d'argent, plus vous devez être forts. D'accord, j'entends l'objection : on peut aussi faire une liste de plans, façon liste de courses. Sauf qu'allez vous relire trois semaines ou trois mois après et savoir ce à quoi correspond "demi ensemble avec des arbres au fond pour situer le lieu mais pas trop". 

D'accord, d'accord, en se concentrant bien, en prenant le temps, on y arrive aussi. Mais on a dit « tournage fauché » ! Quand les journées sont schématiquement trop courtes pour la liste de plans prévus, vous croyez vraiment qu'on a le temps de se gratter la tête et de jouer les petits Champollion, alors, qu'avec un storyboard en un clin d'œil, on sait ce qu'il y a à faire ?

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