mercredi 3 février 2016

Festivals de court-métrages : passer sous la toise


Alors Corvo, tu en es où de ton Viandeur ? Toujours en post prod' ? Faudrait que tu t'agites. Faire un film, c'est bien ; le sortir et le faire tourner dans les festivals, c'est mieux !

Ben, c'est à dire qu'il fait plus de 47 minutes.

Ah, ouais, tout de même ! Je comprends que la post prod' te prenne un peu de temps.

Non, je te réponds au sujet des festivals. Tu sais que la limite est souvent fixé à 20 minutes dans les festivals. Il y en a quelques uns qui n'ont pas de limite de durée mais, hum, c'est rarissime.

Ah, merde ! Faut que tu changes ton fusil d'épaule, Corvo. Faut que tu arrêtes les ouvres à rallonge. A quoi ça sert de faire des films aussi longs ?

Oh, à trois fois rien, à se confronter à la durée, à voir si on est capable de développer un univers, de suivre des personnages. A s'obliger à faire toutes sortes de scènes et pas seulement celles qu'on sait tourner, à sortir de sa zone de confort. Avec un court de moins de dix minutes tu peux toujours tricher : une fille bien roulée, une plage, des suites de Bach, un noir et blanc charbonneux, une errance dans une zone portuaire dévastée par le chômage, des cargos qui rouillent, le cadavre d'un chevreuil renversé par une voiture ; sans grand effort, tu ficèles le tout... et il y aura bien des gogos pour trouver ça poétique et lourd de sens ! Sauf que, si l'objectif c'est de se préparer au long, je crains que tu n'aies pas avancé d'un pouce.

C'est sûr que vu comme ça...

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